Est-il difficile, d’avoir un enfant après 40 ans ?

Il est connu que l’âge maternel modifie la capacité fertile mais il peut aussi influer sur le déroulement et l’issue de la grossesse ainsi que sur la santé de la mère et de l’enfant. D’une manière générale, toute femme enceinte peut voir survenir des complications qui sont les mêmes quel que soit son âge (grossesse extra-utérine, fausse couche, malformations fœtales, anomalies chromosomiques) mais c’est le nombre de ces anomalies qui augmentent et qui différencient la grossesse de bas âge de celle de la femme plus âgée.

lE PREMIER TRIMESTRE

Au 1 er trimestre, le plus fréquent danger c’est les fausses couches : environ une femme sur dix verra sa grossesse se terminer par une fausse couche à 20 ans alors qu’une sur cinq vivra ce traumatisme à 37 ans et une sur trois à 43 ans.

Ces taux progressifs sont partiellement explicables.

 Un fœtus porteur d’anomalies chromosomiques est parfois à l’origine d’un arrêt spontané de la grossesse. Or, l’âge maternel est corrélé au risque de voir son enfant être porteur d’anomalies essentiellement chromosomiques. Ainsi donc, la relation  est établie entre l’augmentation  du taux de fausse couche et l’âge auquel la conception a lieu.

Cependant, la présence d’une fausse couche ne signifie pas systématiquement l’arrêt de la grossesse.

Parallèlement aux anomalies chromosomiques, on observe un taux de malformations fœtales non chromosomiques plus conséquent et lié à l’âge, notamment les anomalies positionnelles du méat urinaire chez les fœtus de sexe masculin et en moindre fréquence les anomalies cardiaques.

Heureusement, avec le progrès  actuelles en génétique et les techniques médicales modernes le dépistage anténatal permet de découvrir pas mal  d’anomalies.

 Il les cible et les repère, différant ainsi du diagnostic qui, lui, par des examens plus complexes les confirme, permettant ainsi aux couples pour lesquels il est malheureusement positif de choisir de poursuivre ou d’interrompre cette grossesse.

Deux grands types de dépistage sont proposés systématiquement, sans condition d’âge maternel. Le premier est l’échographie, connue du grand public, qui permet de visualiser le fœtus in utéro et d’invalider la présence de malformations, tout en gardant à l’esprit qu’elle ne peut pas toutes les dépister, certaines n’étant pas repérables d’emblée et les conditions d’examen n’étant pas toujours optimales. Durant une grossesse dite normale, trois échographies sont recommandées et remboursées par la sécurité sociale et doivent être réalisées vers 12, 22 et 32 semaines d’aménorrhée (absence de règles).

Celle effectuée au 1 er trimestre permet également de mesurer l’épaisseur de la nuque fœtale qui est supérieure à la normale en cas de trisomie 21 et constitue un des premiers signes d’alerte.

QUELS RISQUE POUR L’ACCOUCHEMENT

L’accouchement par césarienne est aussi en croissance  chez la femme âgée, certainement en relation avec les taux plus élevés de grossesses à haut risque qui imposent souvent une césarienne  immédiate pour arrêter  l’évolution de la maladie.

L’âge pourra également avoir un impact sur le nouveau-né, souvent de manière indirecte. Une naissance prématurée, un enfant de poids inférieur à celui attendu sont des conséquences fréquentes des complications de la grossesse dues à l’âge maternel.

Avoir un enfant à 40 ans est donc effectivement plus délicat qu’à 25 ans puisque les complications peuvent être plus fréquentes et nécessitent un suivi obstétrical précoce, rigoureux et régulier.

 Il revient au professionnel de santé de savoir être vigilant et attentif au moindre signe de leur survenue pour proposer une conduite thérapeutique adéquate.

 Grâce à cette stratégie de surveillance, et fort heureusement, la très grande majorité des femmes de cet âge donneront naissance, après une grossesse normale, à un enfant en parfaite santé.